Article rédigé et publié par Marie-Catherine Vignal Souleyreau, soumis à droits d’auteur
Mise à jour du 10 septembre 2026
Ferry de Haraucourt († mars 1658)1, baron de Chambley (ou Chamblay selon l’orthographe en usage au XVIIe siècle), est issu de la haute noblesse lorraine et appartient à l’une des quatre familles de l’ancienne chevalerie (« les chevaux » lorrains). Il est le troisième fils de Jean de Haraucourt, seigneur de Chamblay, Dombasle, Brémoncourt et Buzy en partie, gouverneur d’Hattonchâtel, et d’Élisabeth de Bossut-Longueval. Il est le frère de Charles de Haraucourt († 1621), baron de Chamblay ; celui de Paul de Haraucourt (tué en 1630 au cours d’un duel, qui a épousé Barbe de Pullenoy) ; de François-Henri de Haraucourt († 1672), grand doyen de la cathédrale de Metz en 1626 ; de César de Haraucourt, jésuite ; de Théodore de Haraucourt, reçu chevalier de Malte le 10 décembre 1612, puis marié à Ève de Pullenoy, qui, veuve, se remarie avec Antoine de Stainville, seigneur de Couvonges. Il est aussi l’oncle d’Henri de Haraucourt, dit « le marquis de Haraucourt », fils de son frère Charles, sous-lieutenant de la première compagnie de chevau-légers de la garde du duc Charles IV de Lorraine, qui épouse, en 1639, Anne de Saint-Belin.
Ferry de Haraucourt embrasse la carrière des armes : il est d’abord capitaine au régiment de Phalsbourg le 3 février 1617 et en devient le lieutenant-colonel dix ans plus tard.
Il choisit la cause française et combat aussi en Languedoc, en 1627, sous l’autorité du prince de Condé.
Il se trouve au siège de Privas et d’Alès en 1629, puis rejoint, en septembre, l’armée d’Italie sous les ordres du maréchal de La Force. Il contribue au secours de Casal, à la prise du château et de la ville de Saluces, et prend part à la bataille du pont de Carignan (1630).
En 1631, il prend part au siège du fort de Brégançon, puis fournit des informations sur la Lorraine, le duc Charles IV, sa cour, ses déplacements, ses troupes, le séjour du duc d’Orléans à Épinal, puis à Nancy, en 1631 et 1632.
Par commission du 7 février 1632, il est fait colonel de son régiment, le prince de Phalsbourg étant décédé. Ses contingents se trouve en garnison en Auvergne, au cours de l’été 1632, alors que le duc d’Orléans et le duc de Montmorency ont pris les armes contre le pouvoir royal2. Puis, ils sont chargés de la surveillance du duc de Montmorency, emprisonné à Lectoure après la bataille de Castelnaudary (1er septembre 1632)3.
Il exerce, à la suite de son père, la charge de bailli de Hattonchâtel avant d’être est promu bailli de Nancy, après son frère Paul, au mois d’août 1634.
Au début de l’année 1635, il passe en Valteline avec ses contingents et rejoint l’armée d’Italie, sous l’autorité du maréchal de Créqui. Il accède au grade de maréchal de camp par brevet du 22 janvier 1636 et est présent lors de la prise d’Oleggio.
En récompense de son engagement, Louis XIII et Richelieu lui offrent le château de Froville, propriété de Gaspard de Bildstein le 13 mai 1635 ou 1636, ainsi que le château d’Haudonville (Hodonviller) : si le premier échappe à la destruction, le second est cependant démantelé4.
Il est fait conseiller chevalier d’honneur au parlement de Metz en 16375.
La même année, il se trouve au combat de Monte-Baldo, puis, en 1638, au secours de la ville de Breme.
En 1642, un conflit l’oppose aux magistrats de la ville de Nancy, témoignant de la rivalité née entre l’autorité judiciaire d’occupation dans les duchés de Lorraine et de Bar, et l’autorité militaire représentée par le baron de Chamblay6.
François-Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois7 mentionne qu’il a également détenu la charge de bailli et gouverneur de Gorze.
Il a épousé Suzanne de Custine, dame de Bioncourt. Leur fils, Bernard de Haraucourt, décède à l’âge de 19 ou 20 ans, en 1638.
Voir M. Pinard, Chronologie historique-militaire…, Paris, chez Claude Hérissant, 1760-1778, 8 volumes, tome VI, p. 121 ;
abbé Jean-Joseph Expilly, Dictionnaire géographique, historique et politique… tome second, Amsterdam et Paris, chez Desaint & Saillant et alii, 1764, p. 180.
Textes 68, 310, 332, 484, 485, 489, 490, 491, 492, 494, 563, 638, 729, 761, 772, 928, 963, 975, 1084, 1104, 1115, 1251, 1256, 1265, 1372,
- Henri Lepage, Les archives de Nancy ou documents relatifs à l’histoire de cette ville, Nancy, Lucien Wiener, 1865, 4 volumes, tome 2, p. 270. Je remercie M. Marc Zamichiei d’avoir attiré mon attention sur les informations relatives au baron de Chamblay contenues dans cette ouvrage. [↩]
- Voir le courrier que le maréchal de Schomberg adresse à Richelieu, de Billom, le 2 août 1632, translation publiée en ligne, texte 928. [↩]
- Le maréchal de Schomberg à Richelieu, Toulouse, 17 septembre 1632, translation publiée en ligne, texte 1084 ; le maréchal de Schomberg à Claude Bouthillier, Limoux, 27 septembre 1632, translation à venir, texte 1095. [↩]
- Voir Quentin Muller, « Terre et château dans les représentations politiques et sociales du premier XVIIe siècle : les identités nobiliaires (Lorraine et France) face à Richelieu », Cahiers Tocqueville des Jeunes Chercheurs. Représentation(s) : approches comparatistes et pluridisciplinaires, 3 (2), p. 57-84, voir page 75, avec la date du 13 mai 1635 ; Quentin Muller, dans sa thèse, Les intendances françaises de l’espace lorrain au XVIIe siècle (1619-1698), thèse de doctorat d’Histoire, sous la direction de Laurent Jalabert et d’Olivier Chaline, soutenue à l’université de Lorraine, le 27 octobre 2023, 2 volumes, tome I, p. 215, donne cependant la date du 13 mai 1636 ; voir aussi Anne Motta, Noblesse et pouvoir princier dans la Lorraine ducale (vers 1620-1737), Paris, éditions Classiques Garnier, 2016, p. 204. [↩]
- Anne Motta, Noblesse et pouvoir princier dans la Lorraine ducale – vers 1620-1737 –, thèse de doctorat d’histoire, soutenue à l’université du Maine, sous la direction de Laurent Bourquin et de Philippe Martin, 2012, p. 318, version initiale de l’ouvrage publié 2016. [↩]
- Les archives municipales de la ville de Nancy conservent au registre coté BB4 des « plaintes adressées au roi contre Ferry de Haraucourt, bailli de Nancy, touchant les “actes extraordinaires des entreprises infinies faites par ledit sieur, non moins contre le Conseil de ville que contre la justice ordinaire” », voir Henri Lepage, Les archives de Nancy…, ouvrage cité, tome 1, p. 337-338 ; voir aussi le texte 1104. [↩]
- François-Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois, Dictionnaire de la noblesse…, seconde édition, t. VII, Paris, chez Antoine Boudet, 1774, p. 643. [↩]
Le texte seul est utilisable sous licence Creative Commons Attribution Utilisation non commerciale Pas d’Œuvre dérivée 4.0 International. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont “Tous droits réservés”, sauf mention contraire.
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Marie-Catherine Vignal Souleyreau (1 avril 2022). Haraucourt (Ferry de, baron de Chambley). Correspondance et papiers d'État du cardinal de Richelieu. Consulté le 6 octobre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/tpjz
