Sublet de Noyers (François)

Article rédigé et publié par Marie-Catherine Vignal Souleyreau, soumis à droits d’auteur

Mise à jour du 9 septembre 2026

François Sublet (1589-1645), seigneur de Noyers et baron de Dangu (non loin de Gisors), dit “Monsieur des Noyers”, est le fils de Jean Sublet, conseiller du Roi et officier à la chambre des comptes, et de Madeleine Bochart de Champigny.

Son grand-père paternel, Claude Sublet, est le frère d’Avoie (ou Avoye) Sublet, épouse de René Lemaire, seigneur de Montlivault, prévôt puis lieutenant-général en la sénéchaussée de Blois, puis mère de Madeleine Lemaire et par elle grand-mère de Paul Fréart (ou Fréard) de Chantelou (1609-1694), son secrétaire vers 1635-1636, ami de Nicolas Poussin et collectionneur des œuvres du peintre ; de  Jean Fréart (ou Fréard) de Chantelou (15 février 1604 – 26 octobre 1674), qui est, comme Paul, son commis en 1642 (peut-être avant cette date), échevin du Mans en 1653 ; et de Roland Fréart de Chambray (ou Chambré, Chamblay, à La Chapelle-Rainsouin) (13 juillet 1606 – 27 octobre 1674), clerc, qui se fait par la suite théoricien de l’art et de l’architecture. François Sublet de Noyers est le cousin issus de germain des frères Chantelou1.

François Sublet de Noyers débute sa carrière comme trésorier de France à Rouen. 

Grâce à la protection de son oncle maternel, Jean Bochart de Champigny (1561-1630), lointain parent de Richelieu, intendant des finances puis contrôleur général avec le maréchal de Marillac, il obtient celle d’intendant des finances en 1628, au moment où Jean Bochart de Champigny accède à la charge de premier président au parlement de Paris. 

Au cours de l’été 1632, il est chargé, en qualité d’intendant d’armée, avec l’aide d’Isaac de Juyé, sieur de Moricq, de pourvoir au ravitaillement des troupes placées sous le commandement du maréchal d’Effiat pour porter secours à l’archevêque de Trèves2.

Il est ensuite envoyé en Picardie en septembre de la même année. Il inspecte ainsi les places de Calais, Boulogne-sur-Mer, Le Havre, Montreuil-sur-Mer et Abbeville3. Richelieu lui confie  la gestion des troupes envoyées en Lorraine et à la frontière nord-est du royaume. Il inspecte à ce titre, avec le plus grand soin, les infrastructures militaires en Picardie et en Champagne, en 1634-1635, passe en revue les troupes et contrôle les munitions et les vivres.

Il est alors secondé dans sa mission par Pierre de Conty d’Argencourt4.

Sublet de Noyers accède à la charge de secrétaire d’État à la Guerre en 1636, en remplacement d’Abel Servien, puis devient surintendant des bâtiments de France et des manufactures (1638).

Les fonctions dévolues à François Sublet de Noyers ne sont pas étrangères à l’envoi, par Richelieu, de Paul de Fréart de Chantelou à Turin en 1639, muni des moyens financiers nécessaires, pour seconder le gouverneur militaire de la place, M. de Couvonges, et y superviser les fortifications, Richelieu le considérant comme « entendu et diligent »5.

À partir de mai 1640, François Sublet de Noyers, en même temps que Mazarin, est encouragé par Richelieu à organiser le retour en France du peintre Nicolas Poussin et du sculpteur François Duquesnoy (1597-1643), dit aussi « François Flamand », son ami. Le secrétaire d’État à la Guerre s’adjoint alors le concours de Paul Fréart de Chantelou, grand admirateur du peintre6. Chantelou, accompagné de ses deux frères7, est envoyé dans la Ville éternelle en qualité d’ « ambassadeur extraordinaire pour les affaires artistiques »8. Tous trois arrivent à Rome le 1er juillet 1640 et en repartent le 28 octobre. Poussin se montre hésitant et François Duquesnoy se refuse à rentrer en France. Le Bernin, Pierre de Cortone et L’Algarde ont aussi été approchés pour d’éventuelles commandes, mais avec des offres insuffisantes9.

La considération particulière dont Paul Fréart de Chantelou bénéficie auprès de Richelieu en 1639 est confirmée au cours de l’été 1642 : c’est lui, par l’intermédiaire de François Sublet de Noyers, et non Melchior de Lisle, que Richelieu envisage de dépêcher, avec un gentilhomme, auprès de Marie de Médicis, malade à Cologne, porteur de lettres de change pour un montant de cent mille livres pour permettre à la Reine mère de subvenir selon son rang à ses besoins10. Puis Richelieu donne son accord pour un  nouveau voyage de Paul Fréart de Chantelou en Italie11.

François Sublet de Noyers est disgracié en avril 1643 et doit gagner sa terre de Dangu.

Il a épousé Isabelle Le Sueur, décédée au début des années 1630. 

Voir Camille Le Fauconnier, François Sublet de Noyers, ad majorem regis et Dei gloriam, thèse de l’école des Chartes, 2008, thèse accessible en ligne, consultée le 5 septembre 2026.

Textes 113, 155, 230, 294, 297, 342, 557, 559, 607, 611, 628, 635, 636, 640, 646, 649, 695, 696, 703, 738, 772, 858, 859, 913, 915, 921, 1050, 1150, 1340

  1. Camille Le Fauconnier, François Sublet de Noyers, ad majorem regis et Dei gloriam, thèse de l’école des Chartes, 2008, p. 58, thèse accessible en ligne, consultée le 5 septembre 2026 ; Dominique Varry, « Les frères Fréart : trois officiers royaux collectionneurs et passionnés d’art dans l’entourage de Jacques Stella », Gryphe, n° 15, 15 décembre 2006, article disponible en ligne, consulté le 4 septembre 2026 ; Abbé Alphonse Victor Angot, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Mayenne, Joseph Floch impr., 1986, 4 volumes, tome deuxième, p. 219. []
  2. Voir le courrier que François Sublet de Noyers adresse à Richelieu, le 27 juillet 1632, jour du décès du maréchal d’Effiat, en Alsace, non loin de La Petite-Pierre, translation publiée en ligne, texte 917. []
  3. Voir le courrier que François Sublet de Noyers adresse à Richelieu, de Boulogne-sur-Mer, le 3 décembre 1632, translation à venir en ligne, texte 1050. []
  4. Voir Ch. Schmidt, « Le rôle et les attributions d’un “intendant des finances” aux armées Sublet de Noyers de 1632 à 1636, Revue d’Histoire moderne et contemporaine, tome II, deuxième année, 1900, p. 156-175, disponible en ligne, consulté le 1er août 2025. []
  5. Richelieu au cardinal de La Valette, 2 septembre 1639, dans Denis-Louis-Martial Avenel (éd.), Lettres, instructions diplomatiques et papiers d’État du cardinal de Richelieu, Paris, Imprimerie Nationale, 1853-1877, en 8 volumes, Collection des documents inédits de l’histoire de France, tome VI, p. 503. Voir aussi l’analyse de la lettre que Richelieu adresse à M. de Couvonges, le 2 septembre 1639, dans Denis-Louis-Martial Avenel (éd.), ouvrage cité, tome VII, p. 245. []
  6. Madeleine Laurain-Portemer, Études mazarines [vol. 1], Paris, éditions de Boccard, 1981, p. 191, d’après des instructions de François Sublet de Noyers à Paul Fréart de Chantelou, du 8 mai 1640, et une lettre de Richelieu à Mazarin, également du 8 mai 1640, publiée dans Denis-Louis-Martial Avenel (éd.), Lettres, instructions diplomatiques et papiers d’État du cardinal de Richelieu, ouvrage cité, tome VI, p. 691. Voir Aussi Madeleine Laurain-Portemer, Une tête à gouverner quatre empires : études mazarines [vol. 2], Paris, chez l’auteur, 1997, p. 657-658. []
  7. Abbé Alphonse Victor Angot, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, ouvrage cité, ibidem. []
  8. Madeleine Laurain-Portemer, Études mazarines [vol. 1], ouvrage cité, p. 192. []
  9. Ibidem. []
  10. Voir la lettre que Richelieu adresse à François Sublet de Noyers et à Léon Bouthillier de Chavigny, le 17 juillet 1642, et celles qu’il adresse au comte de Chavigny, le 26 juillet et le 12 août, Lettres, instructions diplomatiques et papiers d’État du cardinal de Richelieu, ouvrage cité, tome VII, p. 36-38, p. 52-53, p. 90-91. []
  11. Voir aussi la lettre de Richelieu à François Sublet de Noyers, de Bourbon-Lancy, le 22 septembre 1642, dans Denis-Louis-Martial Avenel (éd.), ouvrage cité, tome VII, p. 139-140. []
Marie-Catherine Vignal Souleyreau
Marie-Catherine Vignal Souleyreau
Docteur en Histoire, ingénieur d'études en analyse de sources historiques et culturelles, Sorbonne-Université, Institut de Recherches sur les Civilisations de… Lire la suite

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Marie-Catherine Vignal Souleyreau (7 avril 2022). Sublet de Noyers (François). Correspondance et papiers d'État du cardinal de Richelieu. Consulté le 10 septembre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/tpkv


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