Mémoire de Robert de Lamont, mars 1633.
Article rédigé et publié par Marie-Catherine Vignal Souleyreau, soumis à droits d’auteur
Ministère des Affaires Étrangères, archives diplomatiques, centre de La Courneuve, coll. Mémoires & Documents France, vol. 807, f° 130. Original autographe, en partie chiffré et déchiffré, dont la transcription a été publiés dans Marie-Catherine Vignal Souleyreau (éd.), Richelieu à la conquête de la Lorraine. Correspondance : 1633, Paris, éditions L’Harmattan, 2010, p. 171-172.
Voir aussi le texte 1366.
Comme Châteauneuf ne sait rien de ce qui se fait au monde, ni [ce] qui se passe à la Cour, sinon ce qui m’est commandé de lui dire ou ce que je juge à propos qu’il sache, il ignore que l’ambassadeur d’Angleterre [Jérôme Weston] soit parti de la Cour et dit que son séjour y sera long pour intercéder pour la reine [d’Angleterre], mais qu’il savait bien peu de temps devant qu’il fut arrêté qu’il attendait commandement et instruction pour négocier cette affaire, qu’on avait résolu son arrêt et emprisonnement afin d’y procéder plus librement et dit beaucoup de semblables termes qui témoignent son humeur hautaine et farouche, car il dit que le Roi et la Reine mère étant à Compiègne, la Reine mère fit semblant d’être réconciliée à Monsieur le Cardinal, qui en fut tellement ravi de joie que Châteauneuf l’étant allé trouver par son commandement, il l’embrassa et lui dit que tout allait bien, que la Reine mère lui avait témoigné n’avoir plus de ressentiments ni de malveillance contre lui et qu’il espérait lui continuer ses services. Et les larmes lui tombaient des yeux de tendresse qu’il avait pour la Reine mère, dit qu’il lui répondit : « elle vous trompe et si vous croyez cette simulation, elle tâchera à vous perdre ». Qu’il savait bien que lors qu’il fut arrêté, que Madame de Combalet et Monsieur Bouthillier désiraient cette réconciliation avec grande passion et y travaillent tous les jours et ne laisseront pas perdre cette occasion et qu’il fait semblant de craindre.
