Le comte de Brassac à Richelieu, Châtellerault, 29 mars 1633.
Article rédigé et publié par Marie-Catherine Vignal Souleyreau, soumis à droits d’auteur
Ministère des Affaires Étrangères, archives diplomatiques, centre de La Courneuve, coll. Mémoires & Documents France, vol. 809, f° 36-38. Original autographe, en partie chiffré et déchiffré. Suscription f° 38 v° : « à Monseigneur, Monseigneur le Cardinal ». Texte original publié dans Marie-Catherine Vignal Souleyreau (éd.), Richelieu à la conquête de la Lorraine. Correspondance : 1633, Paris, éditions L’Harmattan, 2010, p. 166-167.
Voir aussi le texte 1360.
Monseigneur,
Comme j’ai été par le chemin, j’ai écrit au sieur de La Vacherie et lui ai mandé qu’il se rendît ici aujourd’hui à l’heure que j’y arriverais, ce qu’il a fait. Je lui ai fait entendre la volonté de Sa Majesté qui était qu’il me déclarât les pourparlers qu’il avait eu avec Monsieur de Châteauneuf lorsqu’il passa par ici.
Il m’a répondu que ledit sieur l’ayant envoyé chercher, et lui ayant dit celui qui lui portait la lettre qu’il était librement vu de tout le monde, qu’il s’y était rendu, mais que premièrement il avait vu Messieurs de Cluy et de Lamont, lesquels ne lui avaient fait nulle difficulté, que sur cela il aurait donc vu ledit sieur de Châteauneuf, avec lequel il n’avait eu aucun discours sinon général devant ces Messieurs ou en présence du sieur de Ceton, qu’à la vérité l’ayant M. de Châteauneuf tiré à une fenêtre, il lui aurait dit qu’il était malheureux mais fort innocent et que la plus grande appréhension qu’il avait en tout cette affaire était que le monde, d’abord sans savoir, lui imputerait de l’ingratitude envers Monsieur le cardinal de Richelieu et qu’il était fort marri de quoi son frère [le marquis de Hauterive] s’en était allé, que lui sieur de La Vacherie lui avait réparti que Dieu était juste, et qu’il fallait qu’il s’imaginât que puisque cette affliction lui arrivait, il l’avait offensé en quelque chose digne de son courroux, qu’après ledit sieur de Châteauneuf le pria de lui envoyer quelques livres, ce qu’il fit, ayant été premièrement portés à Monsieur de Lamont. C’est en substance, Monseigneur, les discours qu’il m’a voulu dire avoir eus ensemble.
