Le duc d’Angoulême à Louis XIII, Lunéville, 12 septembre 1635.
Article rédigé et publié en ligne par Marie-Catherine Vignal Souleyreau, soumis à droits d’auteur
Collection particulière, aimable communication de M. Bertrand Thierry des Épesses. Original autographe composé de deux folios. Au verso du deuxième folio : « au Roi mon souverain seigneur » et pour le classement, de la main de Claude Bouthillier, « Monsieur d’Angoulême, 12 septembre 1635 ». Le texte ne fait pas partie, stricto sensu, de la correspondance de Richelieu, mais la complète utilement.
Sire,
Aussitôt que le convoi laissé à Ligny [en Barrois] a été arrivé, et lequel j’ai été contraint de renvoyer quérir avec une escorte puissante, je me suis acheminé avec toute votre noblesse, moi à Lunéville et elle à Rozières. Demain, toute votre armée se joindra à la plaine au-dessus de Gerbévilliers [Gerbéviller], qui n’est qu’à deux lieues de Ramberviliers [Rambervillers]1, où les ennemis sont, ayant fait quatre forts, desquels il y en a deux de fort bons, fraisés et faits avec fascines et fossé2. Les deux autres ne sont pas pareils.
L’occasion qui se pourra prendre pour les <y conduire>, je supplie très humblement Votre Majesté de croire qu’il ne se perdra ni temps ni moyen de se faire et faut que cela soit dans dimanche prochain.
- Les passages soulignés le sont sur l’original. [↩]
- Le comte de Chavigny écrit en effet à Richelieu, de Saint-Dizier, le 23 septembre 1635 : « Il arriva hier un espion de l’armée du duc Charles que M. du Hallier y avait envoyé qui rapporte qu’à Rambervillers le duc Charles loge au château mal gardé et peu absolu, la ville point fortifiée. [En marge] C’est un homme à qui il semble qu’on peut ajouter quelque créance. Du côté de Gerbévillers, il y a deux forts un tiers approchant de celui du fort Louis avec lignes de communication de l’un à l’autre distant d’un demi quart de lieue de Rambervillers du côté des bois, dans lesquels est la fleur de son armée. », dans Marie-Catherine Vignal Souleyreau (éd.), “La raison de guerre” : correspondance du cardinal de Richelieu, année 1635, Paris, éditions L’Harmattan, 2016, p. 423-424, citation p. 424. [↩]
