Archives par étiquette : contre-réforme

Ricard de Gourdon de Genouillac de Vaillac (Louis, en religion père Bernard de Saint-Joseph, dit “le père de Vaillac”)

Article rédigé et publié par Marie-Catherine Vignal Souleyreau, soumis à droits d’auteur

Mise à jour du 10 septembre 2026

Louis Ricard de Gourdon de Genouillac de Vaillac (1582-1649), dit « le père de Vaillac », ou en religion père Bernard de Saint-Joseph, est le fils aîné de Louis Ier Ricard de Gourdon de Genouillac de Vaillac, décédé en 1615, et d’Anne de Montberon. Il est le frère de Louis II Ricard de Gourdon († 1645 ?)1, seigneur de Genouillac, comte de Vaillac.

La fratrie à laquelle les deux frères homonymes appartiennent comptent vingt autres enfants dont : Jean (ou Louis) Ricard de Gourdon de Genouillac († 13 janvier 1652), abbé de Rocamadour en Quercy, évêque de Tulle en 1599, député du clergé aux États généraux de 1614 ; Jean-Paul Ricard de de Gourdon Genouillac, abbé de Saint-Romain de Blaye ; Bertrand Ricard de Gourdon de Genouillac, baron de Miremagne ; un autre Louis Ricard de Gourdon de Genouillac, seigneur de Saint-Cler ; Jacquette Ricard de Gourdon de Genouillac, qui épouse en premières noces le baron Jean de Luzets, puis, en secondes noces, Jean de Chapt, marquis de Rassignac ; Galiotte Ricard de Gourdon de Genouillac (1588 – † 24 juin 1618), religieuse à l’hôpital de Beaulieu en Quercy2.  

En qualité d’aîné, le futur père de Vaillac se tourne d’abord vers la carrière des armes puis complète son éducation de gentilhomme par un séjour à Rome en 1601.

La découverte des écrits de Thérèse de Jésus le détermine à abandonner l’état laïc pour se tourner vers l’état ecclésiastique : le 21 mars 1603, il entre au couvent des carmes déchaux de la Scala (congrégation de Saint-Élie), où il fait profession de foi le 25 mars 1604.

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  1. La date est donnée par M. Pinard, Chronologie historique-militaire…, Paris, chez Claude Hérissant, 1760-1778, 8 volumes,tome IV, p. 206. []
  2. Père Anselme de Sainte-Marie, Histoire généalogique et chronologique de la Maison royale de France…, troisième édition, Paris, Compagnie des Libraires associés, 1726-1733, 9 volumes, tome huitième, p. 165. []

Briffault (Claude)

Article rédigé et publié par Marie-Catherine Vignal Souleyreau, soumis à droits d’auteur

Mise à jour du 15 juin 2026

Claude Briffault((Le nom est parfois orthographié Brissault.)) est le neveu de Claude Masson, abbé de Morimond (à Parney-en-Bassigny) de 1591 à 1620. Lui-même est d’abord prieur de Droiteval, à Clauson, dans les Vosges, en 1614. Nommé coadjuteur de son oncle, il lui succède à la tête de l’abbaye de Morimond en 1620, et conserve le bénéfice jusqu’à son propre décès, en 1662. 

En 1634, le cardinal de La Rochefoucauld, sous l’impulsion d’Étienne Maugier, successeur d’Octave Arnolfini (1579-1641) à la tête de l’abbaye de La Charmoye en 1608, entreprend de réformer les établissements cisterciens. L’étroite observance est promulguée à Cîteaux et à ses quatre premières filles, Clairvaux, Pontigny, Morimond et La Ferté. Mais la réforme ne fait pas l’unanimité au sein de l’ordre. La « guerre des observances » contraint Claude Largentier, abbé de Clairvaux, Charles Boucherat, abbé de Pontigny, et Jean-François Pelletier, abbé de Foucarmont, associés à Yves Sauvageot, abbé de La Ferté, et à Claude Briffault, abbé de Morimond, au nom de Pierre Nivelle, abbé de Cîteaux, à solliciter la protection de Louis XIII au début du mois d’août 1634 et à proposer à Richelieu le titre officiel de protecteur de l’ordre cistercien. Le cardinal-ministre accepte afin de poursuivre une mise en œuvre plus modérée des réformes1.

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  1. Charles Boucherat, abbé de Pontigny, Claude Largentier, abbé de Clairvaux, et Jean-François Pelletier, abbé de Foucarmont, à Louis XIII, début août 1634 ; Charles Boucherat, Claude Largentier et Jean-François Pelletier à Richelieu, [début août 1634] ; Pierre Nivelle, Charles Boucherat et Claude Largentier à Richelieu, début août 1634, dans Marie-Catherine Vignal Souleyreau (éd.), Le trésor pillé du Roi : correspondance du cardinal de Richelieu, année 1634, Paris, éditions L’Harmattan, 2013, 2 volumes, t. II, p. 98-102, p. 102-104, p. 104-105. []

Texte 1307, année 1633, 1er mars, Louis Petit à Louis XIII

Louis Petit, général de l’ordre des Trinitaires (Mathurins), à Louis XIII, 1er mars 1633. 

Article rédigé et publié par Marie-Catherine Vignal Souleyreau, soumis à droits d’auteur

Ministère des Affaires Étrangères, archives diplomatiques, centre de La Courneuve, coll. Mémoires & Documents France, vol. 807, f° 69-73. Original non signé, ou copie de la main d’un secrétaire, dont la transcription a été publiés dans Marie-Catherine Vignal Souleyreau (éd.), Richelieu à la conquête de la LorraineCorrespondance : 1633, Paris, éditions L’Harmattan, 2010, p. 116-119.

Sire,

Remontre en toute humilité Frère Louis Petit, docteur en Droit, général de tout l’ordre de la Sainte-Trinité et Rédemption des Captifs, très humble et très obéissant et très fidèle sujet de Votre Majesté, qu’ayant été élu à cette charge au chapitre général en l’an 1612, en la maison de Cerfroid, chef et mère de tout l’ordre, au diocèse de Meaux en Brie, par les pères des quatre provinces capitulaires, de temps immémorial et par longue et non interrompue possession, assemblées à cet effet audit lieu, savoir la province de France, la province de Champagne, la province de Picardie, Pays-Bas et Basse-Allemagne, et la province de Normandie, suivant les antiennes constitutions dudit ordre, il aurait été reconnu et obéi en telle qualité jusqu’à présent, non seulement par les susdites provinces capitulaires, mais aussi en toutes les provinces d’Italie, Sicile et Sardaigne, et en tous les royaumes d’Espagne, pleinement et absolument suivant la règle et les constitutions de cet ordre et en suite de la confirmation de son élection canonique donnée par le pape Paul V, sans que pourtant elle lui fût autrement nécessaire selon la même règle qui lui donne pouvoir plein et entier de librement administrer et gérer les affaires dudit ordre par vertu de son élection <…> « Electio majoris major vero minister electus fuerit ipsius ordinis curam plene habeat et libere » ce sont les mots de la règle.

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Petit (Louis)

Article rédigé et publié par Marie-Catherine Vignal Souleyreau, soumis à droits d’auteur

Louis Petit (1580-1652) est le neveu du général de l’ordre de la Sainte Trinité pour la rédemption des captifs (ordre des Mathurins), François Petit. Envoyé étudier par son oncle à Saragosse, Louis Petit parvient au grade de docteur en Droit, et devient à son tour général des Trinitaires au cours de l’été 1612. Il conserve ses responsabilités jusqu’à sa mort.

Le ministère de Louis Petit est d’abord marqué par les tentatives de diffusion de la réforme trinitaire dite « de Pontoise » au détriment des prérogatives du général de l’ordre, contraint de s’en défendre. En 1619, le pape Paul V apporte son soutien à la réforme trinitaire en réitérant des dispositions déjà prises en ce sens antérieurement : il permet à Charles d’Agneaux de diffuser la réforme en Provence et la création des provinces de Provence et de France avec un visiteur à leur tête, au détriment de l’autorité du général de l’ordre.

Le 1er mars 1633, Louis Petit tente d’obtenir le soutien de Louis XIII : la présence de sa lettre parmi la correspondance de Richelieu montre que le cardinal-ministre est associé aux tentatives de règlement du conflit interne à l’ordre des Trinitaires1.

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  1. Voir la lettre de Louis Petit à Louis XIII, 1er mars 1633, translation publiée en ligne, texte 1307. []

Texte 1262, année 1633, 23 février, Martin Meurisse à Richelieu

Martin Meurisse à Richelieu, Metz, 23 février 1633.

Article rédigé et publié par Marie-Catherine Vignal Souleyreau, soumis à droits d’auteur

Ministère des Affaires Étrangères, archives diplomatiques, centre de La Courneuve, coll. Correspondance Politique Lorraine, vol. 13, f° 16. Original autographe dont la transcription a été publiée dans Marie-Catherine Vignal Souleyreau (éd.), Richelieu à la conquête de la LorraineCorrespondance : 1633, Paris, éditions L’Harmattan, 2010, p. 102-104.

Monsieur,

J’ai reçu une grande mortification depuis deux jours sur le sujet de mon Histoire. C’est qu’ayant recouvré la fondation de Gorze en dépits des Lorrains, et l’ayant fait imprimer à l’avantage de la Couronne, et ayant déploré dans mes écrits le dommage que la France recevait par les ruines de cette belle abbaye, où l’on voyait partout les fleurs de là dépeintes, de plus, ayant écrit que les évêques de Metz avaient obtenu la souveraineté de la ville des empereurs de la maison de France et non pas des Allemands, et tout plein d’autres choses qui concernent les intérêts de Sa Majesté, les Lorrains ont été assez puissants en cette ville pour arrêter le cours de mon impression, ont pris mes feuilles et les ont envoyées au duc de Lorraine, et n’ont point eu d’autres raisons pour appuyer cette violence, sinon que l’imprimeur est à eux et aux gages de la ville, et qu’ils craignent qu’en élevant par trop ici la puissance du Roi, je n’apporte quelque préjudice à leurs privilèges. Ceux qui devraient agir en ces occasions pour le Roi ne se sont pas fort émus de cette insolence. Il n’y a que le clergé de Metz fort affectionné à la gloire de Dieu et au service du Roi qui s’en remue. S’il vous plaisait m’honorer d’un mot de votre avis sur cette fâcheuse rencontre, vous obligeriez bien fort, Monsieur, votre très humble et obéissant serviteur,

Meurisse, évêque de Madaure

À Metz, le 23. de février 1633

Texte 1259, année 1633, 18 février, Raymond Lamolière à Richelieu

Raymond Lamolière à Richelieu, Toul, 18 février 1633.

Article rédigé et publié par Marie-Catherine Vignal Souleyreau, soumis à droits d’auteur

Ministère des Affaires Étrangères, archives diplomatiques, centre de La Courneuve, coll. Mémoires & Documents France, vol. 809, f° 14-15. Original autographe, dont la transcription a été publiée dans Marie-Catherine Vignal Souleyreau (éd.), Richelieu à la conquête de la LorraineCorrespondance : 1633, Paris, éditions L’Harmattan, 2010, p. 98-100.

Monseigneur,

Si par une mienne déposition par bienséance faite à Notre Saint Père, Votre Éminence a vu les indignités, pour ne dire autre chose, que j’ai souffertes pour avoir (sous le sein et sceau du Roi, sous cette juste et légitime autorité) pensé servir à ma patrie dans le particulier de mon ordre, et avec la susdite déposition, j’avais joint une minute de bref à obtenir pour la réforme universelle de notre ordre à faire dans le royaume, avec paix, charité et justice, Monseigneur, les persécutions ne sont pas si affreuses qu’elles ont été. Toutefois, elles ne sont pas finies. Monsieur de Scythie (par la faveur duquel j’ai l’honneur d’écrire la présente), Monsieur de Feuquières particulièrement, Monsieur le président de Metz, et autres, en pourraient bien dire quelque chose. Mais je laisse de bon cœur au pied de la croix mes ressentiments particuliers, quoique très justes. Mon repos est dans le bien public. 

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Aspremont (Louise d’)

Article rédigé et publié par Marie-Catherine Vignal Souleyreau, soumis à droits d’auteur

Louise d’Aspremont (Apremont-aux-Merlettes), dame de Marchéville (au bailliage de Saint-Mihiel) par son second mariage, dite « Madame la Baillive » dans la correspondance de saint Pierre Fourier, est la fille de Gérard d’Aspremont, seigneur de Marchéville, bailli de Verdun, et de Guillemette du Châtelet1. Elle est la sœur de Judith d’Aspremont († 1606), chanoinesse de Poussay, qui permet le développement de l’association Notre-Dame, fondée par le curé de Mattaincourt avec Alix Le Clerc, en congrégation ; et d’Esther d’Aspremont, qui a épousé Jean des Porcellets de Maillane, sénéchal du Barrois. Par cette dernière, elle est aussi la tante de Jean des Porcellets de Maillane, évêque réformateur de Toul de 1607 à 1624.

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  1. Hélène Derréal et Madeleine Cord’Homme (éd.), Saint Pierre Fourier : correspondance (1598-1640), Nancy, Presses Universitaires de Nancy, 1986-1991, 5 volumes, tome I, p. 2 note et tome V, p. 155. []

Lamolière (Raymond)

Article rédigé et publié par Marie-Catherine Vignal Souleyreau, soumis à droits d’auteur

Tout comme l’évêque de Scythie, Charles-Chrétien de Gournay, son protecteur, Raymond Lamolière, lorrain de naissance, a choisi de servir la cause du roi de France, notamment en matière diplomatique1.

Dominicain, il s’est aussi engagé dans la réforme de l’ordre des frères prêcheurs et participe à la controverse sur l’Immaculée Conception. La position de Raymond Lamolière est à rapprocher de celles de Martin Meurisse et de Louis Nallot, tous deux appartenant également à l’ordre des frères prêcheurs2.

En février 1633, Raymond Lamolière adresse une lettre de courtoisie à Richelieu en défendant les intentions politiques du maître général de l’ordre, Nicolas Ridolfi, et en témoignant de l’association de l’ordre des prêcheurs à l’action gouvernementale du cardinal-ministre3.

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  1. Raymond Lamolière à Richelieu, Toul, 18 février 1633, translation publiée en ligne, texte 1259. []
  2. Voir le courrier que Louis Nallot adresse à Richelieu, le 10 juin 1633, dans Marie-Catherine Vignal Souleyreau (éd.), Richelieu à la conquête de la LorraineCorrespondance : 1633, Paris, éditions L’Harmattan, 2010, p. 274-276. []
  3. Raymond Lamolière à Richelieu. Toul, 18 février 1633, texte 1259. []

Valladier (André)

Article rédigé et publié par Marie-Catherine Vignal Souleyreau, soumis à droits d’auteur

André Valladier (ou Valadier) (v. 1565-1638) est originaire du Foret. D’abord membre de la compagnie de Jésus (entre 1586 et 1607), docteur en théologie, il est installé à Metz comme vicaire général par le cardinal de Givry en 1609.

En 1611, il est élu abbé de l’abbaye bénédictine Saint-Arnoul de Metz1, au détriment du candidat du Pape.

Le 28 septembre 1614, André Valladier réussit à convaincre les moines d’accepter pour eux et pour leurs biens la protection royale française. Son but est d’exempter l’abbaye de la juridiction messine, et d’exercer le droit de justice en toute souveraineté au criminel et au civil, sous réserve d’appel au président royal, au conseil du Roi ou au parlement de Paris. Une longue période de conflits avec la ville de Metz et son Magistrat s’ouvre ainsi.

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  1. Denis de Sainte-Marthe, Gallia Christiana, Parisiis, ex typographia Regia, 1715-1865, 16 volumes, tome XIII, col. 913-914. []

Meurisse (Martin)

Article rédigé et publié par Marie-Catherine Vignal Souleyreau, soumis à droits d’auteur

Mise à jour du 23 juin 2026

Martin Meurisse (1584-1644) est né à Roye, en Picardie. Il entre très jeune chez les cordeliers de la ville où il fait sa profession de foi. Une réelle précocité intellectuelle et des aptitudes à la spéculation philosophique déterminent l’envoi de Meurisse à la Sorbonne, où il peut accéder aux grades de bachelier, licencié puis docteur. Il devient professeur au couvent des cordeliers de Paris.

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