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Navas (Monsieur)

Article rédigé et publié par Marie-Catherine Vignal Souleyreau, soumis à droits d’auteur

Monsieur Navas (ou Navasse, Navaze) est le secrétaire de l’ambassade d’Espagne à Paris au début des années 1630. Il apparaît comme tel dans la correspondance de Richelieu au printemps 1632. En l’absence de l’ambassadeur de Philippe IV, le marquis de Mirabel, il se trouve chargé d’affaires.

Voir Denis-Louis-Martial Avenel (éd.), Lettres, instructions diplomatiques et papiers d’État du cardinal de Richelieu, Paris, Imprimerie Nationale, 1853-1877, en 8 volumes, Collection des documents inédits de l’histoire de France, t. IV, p. 278 note 1.

Texte 564,

Texte 1373, année 1633, 1er avril, sauf-conduit délivré par Vincent Hubert à Jehan de Médicis, dit “le marquis de Saint-Ange”

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Sauf-conduit délivré par Vincent Hubert à Jehan de Médicis, dit « le marquis de Saint-Ange », Paris, 1er avril 1633.

Ministère des Affaires Étrangères, archives diplomatiques, centre de La Courneuve, coll. Mémoires & Documents France, vol. 807, f° 136. Copie. Texte original publié dans Marie-Catherine Vignal Souleyreau (éd.), Richelieu à la conquête de la Lorraine. Correspondance : 1633, Paris, éditions L’Harmattan, 2010, p. 176.

Vincent Hubert, écuyer, secrétaire ordinaire de la Chambre du Roi, agent de Sa Majesté près Sa Sérénissime Infante, supplie tous gouverneurs de provinces et villes, lieutenants du Roi, capitaines de ponts, passages, juges, maires, échevins et tous autres qu’il affectionnera de laisser sûrement passer Monsieur le marquis de Saint-Ange avec quatre personnes de sa suite s’en allant en Italie par Paris, sans permettre qu’il lui soit fait aucun empêchement, ains toute assistance dont il aura besoin, promettant en cas pareil me revancher des courtoisies qu’il aura reçues à ma supplication. En foi de quoi, j’ai signé les présentes de ma main à Paris, où le service du Roi me retient le premier jour d’avril 1633.

Signé Hubert

Médicis (Jehan de, dit “le marquis de Saint-Ange”)

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Mise à jour du 21 septembre 2026

Jehan de Médicis, dit « le marquis de Saint-Ange », obtient, le 1er avril 1633, de Vincent Hubert, adjoint au représentant officiel du roi de France à Bruxelles (le sieur Berruyer), un sauf-conduit pour pouvoir se rendre en Italie. Il apparaît rapidement que le marquis de Saint-Ange est un imposteur. Son passeport ne lui est d’aucune utilité puisque, surveillé par les hommes de Richelieu, porteur de plans compromettants, une importante correspondance chiffrée destinée au cardinal-infant, il est arrêté, avec ses compagnons, à Troyes, par Isaac de Laffemas au début du mois de mai1.

Il apparaît alors que le marquis de Saint-Ange est en réalité Jehan de Médicis, peut-être apparenté à la Reine mère, en tout cas l’un de ses proches, et, selon ses dires, frère de l’archevêque de Pise, Giuliano de Médicis. 

Texte 1373,

  1. Voir le compte-rendu d’enquête établi par Isaac de Laffemas, 11 mai. 1633, dans Marie-Catherine Vignal Souleyreau (éd.), Richelieu à la conquête de la Lorraine. Correspondance : 1633, Paris, éditions L’Harmattan, 2010, p. 238-239, translation à venir en ligne. [↩]

Texte 1371, années 1630, 1632, 1634, chapitre 9/21 du Journal… de Richelieu… durant le grand orage

Chapitre 9/21 du Journal de Monsieur le cardinal duc de Richelieu, qu’il a fait durant le grand Orage de la Cour en l’Année 1630 et 1631, tiré de ses mémoires qu’il a écrits de sa main, avec diverses autres pièces remarquables, qui sont arrivées en son temps.

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Texte établi d’après la minute conservée à la Bibliothèque Nationale de France, collection Baluze, volume 145, consultable sur Gallica, et accessible via ce lien.

Le document manuscrit, majoritairement de la main du premier secrétaire de Richelieu, Denis Charpentier, est cependant corrigé de la main même du cardinal-ministre et annoté de la main de Pierre Cherré, autre secrétaire de Richelieu.

Cette version préparatoire du Journal de Monsieur le cardinal de Richelieu, qu’il a fait durant le grand orage de la cour ez années 1630 et 1631, est supervisée par Claude Bouthillier en 1634.

Une autre version du Journal de Monsieur le cardinal de Richelieu, qu’il a fait durant le grand orage de la cour ez années 1630 et 1631 est conservée au Ministère des Affaires étrangères, archives diplomatiques, centre de La Courneuve, collection Mémoires et Documents France, volume 69.Ce second document inclut des pièces détachées, publiées avec le Journal en 1648, qui n’apparaissent pas au document préparatoire conservé à la BnF. La période couverte par cette seconde version s’étend jusqu’à 1642.

Le texte préparatoire de 1634 a été retenu pour cette publication car les annotations de Pierre Cherré n’ont pas été publiées ultérieurement.

Se reporter à la table des matières du Journal… de Richelieu…, publiée en ligne, texte 579.

Le cardinal de Bérulle

Le 9 ou 10e décembre [1630], Desroches écrivit à Monsieur le Cardinal ce qui s’ensuit, qui justifie que le cardinal de Bérulle favorisait l’Espagne, ainsi que le garde des sceaux et La Fargis, sa bonne amie1.

Monsieur Berger commence à improuver bien fort le procéder de Monsieur le cardinal de Bérulle et du garde des sceaux, et se plaint du dernier, quelque amitié qu’il m’ait avoué qu’il y eut entre eux.

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  1. Les lettres du prieur des Roches en date du 9 ou du 10 décembre 1630, n’ont pas été publiées par Pierre Grillon. Elles ont été adressées à Richelieu alors que celui-ci se trouve en Lorraine, en compagnie du Roi, dans le cadre de la campagne militaire engagée contre le duc Charles IV et dans le contexte de l’incarcération du maréchal de Marillac, ancien gouverneur de Verdun. [↩]

Texte 1367, année 1633, mars, mémoire de Robert de Lamont

Mémoire de Robert de Lamont, mars 1633.

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Ministère des Affaires Étrangères, archives diplomatiques, centre de La Courneuve, coll. Mémoires & Documents France, vol. 807, f° 130. Original autographe, en partie chiffré et déchiffré, dont la transcription a été publiés dans Marie-Catherine Vignal Souleyreau (éd.), Richelieu à la conquête de la Lorraine. Correspondance : 1633, Paris, éditions L’Harmattan, 2010, p. 171-172.

Voir aussi le texte 1366.

Comme Châteauneuf ne sait rien de ce qui se fait au monde, ni [ce] qui se passe à la Cour, sinon ce qui m’est commandé de lui dire ou ce que je juge à propos qu’il sache, il ignore que l’ambassadeur d’Angleterre [Jérôme Weston] soit parti de la Cour et dit que son séjour y sera long pour intercéder pour la reine [d’Angleterre], mais qu’il savait bien peu de temps devant qu’il fut arrêté qu’il attendait commandement et instruction pour négocier cette affaire, qu’on avait résolu son arrêt et emprisonnement afin d’y procéder plus librement et dit beaucoup de semblables termes qui témoignent son humeur hautaine et farouche, car il dit que le Roi et la Reine mère étant à Compiègne, la Reine mère fit semblant d’être réconciliée à Monsieur le Cardinal, qui en fut tellement ravi de joie que Châteauneuf l’étant allé trouver par son commandement, il l’embrassa et lui dit que tout allait bien, que la Reine mère lui avait témoigné n’avoir plus de ressentiments ni de malveillance contre lui et qu’il espérait lui continuer ses services. Et les larmes lui tombaient des yeux de tendresse qu’il avait pour la Reine mère, dit qu’il lui répondit : « elle vous trompe et si vous croyez cette simulation, elle tâchera à vous perdre ». Qu’il savait bien que lors qu’il fut arrêté, que Madame de Combalet et Monsieur Bouthillier désiraient cette réconciliation avec grande passion et y travaillent tous les jours et ne laisseront pas perdre cette occasion et qu’il fait semblant de craindre. 

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Texte 1366, année 1633, mars, mémoire de Robert de Lamont

Mémoire de Robert de Lamont, mars 1633.

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Ministère des Affaires Étrangères, archives diplomatiques, centre de La Courneuve, coll. Mémoires & Documents France, vol. 807, f° 129. Orignal non signé, autographe, en partie chiffré, dont la transcription a été publiée dans Marie-Catherine Vignal Souleyreau (éd.), Richelieu à la conquête de la Lorraine. Correspondance : 1633, Paris, éditions L’Harmattan, 2010, p. 170-171.

Voir aussi le texte 1367

A dit que depuis Noël, il [le marquis de Châteauneuf] a reçu des lettres de 62 [Madame de Ventadour], qui est cette dame de haute qualité, religieuse, de laquelle j’ai écrit ci-devant. Ces lettres donnaient avis de quelque poursuite que faisait Puylaurens, afin qu’elle s’entremît des affaires de Monsieur [le duc d’Orléans], mais qu’ayant vu le procédé dudit Puylaurens n’être tel qu’elle leur bien désire, elle se serait retirée dans son cloître. A dit qu’il a communiqué ces lettres à Monseigneur le cardinal de Richelieu.

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Arnauld (Henri)

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Mise à jour du 5 août 2026

Henri Arnauld (30 octobre 1597 – 8 juin 1692) est le fils d’Antoine II Arnauld (1560-1619), dit « Arnauld l’avocat », avocat au parlement de Paris, et de Catherine Marion (1573-1641), leur dixième enfant. Sa mère, veuve, se fait religieuse à Port-Royal en 1629. Membre d’une fratrie qui compte vingt enfants, il est le frère de Robert Arnauld d’Andilly (1589-1674), de mère Angélique Arnauld (1591-1661), abbesse de Port-Royal, ou encore de Simon Arnauld (1603-1639), mestre de camp de carabins qui sert sous les ordres du maréchal de Schomberg, en Languedoc, à la frontière franco-espagnole, en septembre 16321.

Ayant choisi la carrière ecclésiastique, il entre au service du cardinal Guido Bentivoglio en 1621, alors que le prélat italien achève sa nonciature apostolique à Paris. Il le suit à Rome, et grâce à la protection du commandeur de Sillery, ambassadeur de Louis XIII auprès du souverain pontife, il obtient l’abbaye Saint-Nicolas d’Angers en commende en 1623, ainsi qu’une charge d’aumônier royal en 1624.

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  1. Voir le maréchal de Schomberg à Claude Bouthillier, Limoux, 27 septembre 1632, translation publiée en ligne, texte 1095. [↩]

Bellièvre (Pomponne II de)

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Mise à jour du 20 juin 2026

Pomponne II de Bellièvre (septembre 1606 – 13 mars 1657), seigneur de Grignon, est le fils aîné de Nicolas de Bellièvre (1583-1650), seigneur de Grignon, et de Claude Brulart1. Il est le petit-fils de Pomponne de Bellièvre, chancelier de France, surintendant des finances, et brièvement ambassadeur de France auprès de la reine Élisabeth Ière d’Angleterre, chargé de négocier la grâce de Marie Stuart, entre novembre 1586 et janvier 15872.

Pomponne II de Bellièvre exerce d’abord la charge de conseiller au Parlement, où il est reçu le 22 février 1629 et dont il exerce les responsabilités jusqu’au 26 août 16313. Il est reçu à cette date maître des requêtes ordinaire de l’hôtel du Roi, puis conseiller d’État en 16354.

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  1. Michel Popoff (pub.), Prosopographie des gens du parlement de Paris (1266-1753) : d’après les ms. Fr. 7553, 7554, 7555, 7555 bis conservés au Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale de France, Paris, le Léopard d’Or, 2003, 2 volumes, t. 1, p. 50. [↩]
  2. Maxim Boyko, Représenter le roi au sortir du XVIe siècle : France et Angleterre en quête d’art diplomatique (1610-1642), Paris, Classiques Garnier, 2025, p. 205. [↩]
  3. Michel Popoff (pub.), Prosopographie des gens du parlement de Paris (1266-1753)…, ouvrage cité, t. 1, p. 50 et p. 320. [↩]
  4. Ibidem, p. 50. [↩]

Este (François d’, duc de Modène)

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François Ier d’Este (1610-1658), duc de Modène et de Reggio, est le fils d’Alphonse III d’Este, duc de Modène et de Reggio, qui abdique en sa faveur en 1629, et d’Isabelle de Savoie.

Peu favorable au roi de France, le duc de Modène n’adhère pas à l’alliance trouvée par Louis XIII avec Édouard Farnèse, duc de Parme, son beau-frère, avec le duc de Mantoue et avec le duc Victor-Amédée de Savoie, au traité de Rivoli signé le 11 juillet 1635, pas plus que la république de Venise, opposée à la présence française en Italie du Nord, et le grand-duc de Toscane, tenu, vis-vis des Espagnols par le traité de Sienne : « le duc de Modène ne signe pas non plus car il aurait […] obtenu des Espagnols d’être mis “d’estre mis en possession de Corrège” [Corregio] »1. Anna Blum évoque les « atermoiements [de François d’Este] entre l’Espagne et la France », bien que le duc de Savoie se soit fait fort d’obtenir son adhésion à une ligue italienne2.

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  1. Anna Blum, « Les sages jalousies » : la diplomatie française en Italie à l’époque de Richelieu et de Mazarin, thèse de doctorat d’histoire, soutenue à l’université de Paris-Sorbonne, dir. L. Bély, 2010, citation p. 39-40. [↩]
  2. Ibidem, p. 5 ; Denis-Louis-Martial Avenel (éd.), Lettres, instructions diplomatiques et papiers d’État du cardinal de Richelieu, Paris, Imprimerie Nationale, 1853-1877, en 8 volumes, Collection des documents inédits de l’histoire de France, tome V, p. 105 note. [↩]

Farnèse (Édouard, duc de Parme)

Article rédigé et publié par Marie-Catherine Vignal Souleyreau, soumis à droits d’auteur

Mise à jour du 20 juin 2026

Édouard Ier Farnèse (1612-1646), duc de Parme, de Plaisance et de Castro en 1622, à la mort de son père, est le fils du duc Ranuce Ier et de Marguerite Aldobrandini.

Son règne débute sous la régence de son oncle, le cardinal Édouard Farnèse (1573-1626), puis, à la mort de ce dernier, sous celle de sa mère. Il accède à la majorité souveraine en 1628 et épouse la même année Marguerite de Médicis, fille du grand-duc de Toscane, Côme II.

L’une de ses sœurs, Maria Caterina Farnèse (1615-1646), épouse, en 1631, le duc de Modène, François Ier d’Este, qui, devenu veuf, convole en secondes noces, en 1648, avec leur sœur cadette, Vittoria Farnèse (1618-1649).

En 1633, Richelieu tente d’obtenir un soutien unanime des princes italiens face à l’Espagne.

En février 1634, cependant, Melchior de Sabran, résident du roi de France à Gênes, fait état d’un différend opposant le duc de Parme à la république de Gênes sous l’œil attentiste de l’Espagne, accusée par Édouard Ier Farnèse d’entretenir à dessein la discorde. Sabran souligne aussi la division des principautés du nord de l’Italie1. Henri Arnauld, fils de Robert Arnauld d’Andilly, est bientôt chargé d’attirer secrètement le duc de Parme dans l’alliance française2. 

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  1. Melchior de Sabran à Richelieu, Lyon, 3 février 1634, dans Marie-Catherine Vignal Souleyreau (éd.), Le trésor pillé du Roi : correspondance du cardinal de Richelieu, année 1634, Paris, éditions L’Harmattan, 2013, 2 volumes, tome 1, p. 253-255. [↩]
  2. Régine Pouzet (éd.), Mémoires [de Robert Arnauld d’Andilly], suivis des Mémoires d’Antoine Arnauld dit l’abbé Arnauld, Paris, Honoré Champion, 2008, p. 163, note 4. [↩]